21/12/2009 - CAC40 : une semaine pour rien à cause des banques
Le CAC 40 finit finalement stable (-0,24 %) une semaine qui semblait pourtant donner jusqu'à mi-séance vendredi 18 décembre un signal haussier ce, avant que les valeurs bancaires ne viennent malheureusement couper net cette tentative de sortie de la zone de congestion en seconde partie de séance.
. Dès le tout début de semaine, l'annonce d'un prêt de Abu Dhabi à hauteur de 10 milliards $ à sa voisine Dubaï a calmé les esprits sur les marchés.
. Malgré un assez grand nombre de statistiques en milieu de semaine, et comme signalé lors de la précédente chronique , le marché était avant tout accaparé par l'évolution de la psychologie qui neutralise haussiers et baissiers depuis des semaines. Les parutions des divers indicateurs n'ont pas eu d'impacts significatifs et ciblés sur l'évolution des cours.
Un bon nombre sont d'ailleurs très contrastés à l'image de l'indice d'activité manufacturier de la région de New York qui subit une nouvelle baisse en décembre a 2,55 après 23,51 en novembre et contre 24 anticipé, alors que la production industrielle américaine a rebondi de 0,8 % sur un mois en novembre.
→ Nulle réelle surprise ici en fait, les entrées et les sorties de récession sont des périodes charnières qui font souvent l'objet d'indicateurs divergents et difficilement lisibles.
. En Europe par contre, les toutes premières données concernant la zone euro en matière d'activité pour décembre sont encourageantes. L'indice PMI Flash Composite Markit, qui fait la synthèse des données compilées auprès des directeurs d'achat de la zone tant du secteur manufacturier que de celui des services, s'inscrit à un plus haut de 26 mois à 54,2 contre 53,9 en novembre.
La dégradation de la note de crédit de la Grèce révélée le même jour, cette fois par l'agence Standard & Poor's, soit une semaine après celle réalisée par sa consœur Fitch, n'a cependant pas infléchi la progression des marchés actions en Europe. Le DAX 30 à Francfort réalise même un record annuel à 5 903,43 points mercredi.
. Les banques de retour dans le collimateur des opérateurs en fin de semaine :
Jeudi les banques américaines ont soufflé le froid sur l'ensemble des valeurs financières, Citigroup en tête en raison de difficultés à réaliser dans de bonnes conditions son augmentation de capital à hauteur de 17 milliards $ destinée à rembourser le Trésor US pour son aide apportée plus tôt dans la crise. Un prix fixé à 3,15 € pour chaque nouvelle action émise dans ce cadre, alors que la veille l'action avait clôturé à 3,45 $ à Wall Street, a pesé assez lourdement sur la cote.
De même, vendredi, les opérateurs ont continué à délaisser, mais plus spécifiquement en Europe, les banques susceptibles d'être les plus touchées par les nouvelles réglementations en cours de négociation au sein du Comité de Bâle, en charge de l'élaboration des règles bancaires au plan international.
Crédit Agricole chute de 7,13 % en raison de la sortie de la valeur des titres recommandés à l'achat par Bank of America-Merrill Lynch, décision en lien direct avec ces nouvelles règles qui nécessiteraient suivant l'analyste en charge en l'évaluation, une recapitalisation plus importante pour les banques mutualistes.
→ Les valeurs financières françaises et néerlandaises ont été les plus touchées, ce qui ramène le CAC 40 sous les 3 800 points et débouche sur un score vierge sur la semaine.
Le constat est donc à nouveau très indécis en ce qui concerne l'indice parisien, légèrement mieux orienté à Francfort comme pour les 50 plus grandes valeurs européennes inscrites au sein de l'indice Euro Stoxx 50 qui grappille 0,31 %.
Le Dow Jones cède 1,54 % dans une configuration (graphique ci-dessous) également indécise pour la 5ème semaine consécutive au sein d'un trading range de borne inférieure à 10 200 et supérieure à 10 500. Cette indécision est somme toute assez classique et correspond à une reprise de souffle après un retracement de 50 % de toute la vague de baisse liée à la crise financière (en gris 2nd niveau Fibonacci) Rappel : le CAC 40 n'a retracé jusqu'ici que 38,2 % depuis les plus bas de mars

Le biseau ascendant (bleu) dénote toutefois un épuisement qui laisse un potentiel résiduel de hausse jusqu'à 10 800 points soit en direction de la résistance oblique baissière majeure qui a pris naissance sur les plus hauts records en 2007 et ce, tant que le support ascendant du biseau reste inviolé. En dessous les probabilités d'un retour sur 10 000- 9 900 augmenteraient sensiblement.
* Cette semaine sera écourtée en raison des fêtes de Noël :
- la bourse de Paris sera fermée vendredi 25
- et la séance de jeudi 24 clôturera dès 14 heures.
L'actualité économique sera à nouveau concentrée en milieu de semaine avec la parution des ventes de logements neufs aux USA pour novembre et le sentiment du consommateur publiés mercredi (à 16H et 15H55) Une confirmation de la croissance américain à + 2,8% au 3ème trimestre est attendue la veille comme le chiffre des ventes dans l'immobilier ancien.
A noter : du fait d'une séance limitée à 5 heures de cotations jeudi, le marché parisien ne pourra pas tenir compte avant ce long week-end du chiffre, généralement important sur la marche des indices, des commandes de biens durables pour novembre qui est attendu en hausse de 0,5 % après une baisse de 0,6 % le mois précédent.
L'euro attaqué depuis 15 jours aborde cette semaine sur le seuil des 1,43$ dans une situation de sur-vente marquée susceptible d'initier un rebond technique sur la moyenne mobile long terme à 200 jours qui a été enfoncée jeudi. La tendance reste cependant baissière à court terme. Sous les plus bas de vendredi, un décrochage complémentaire en direction de 1,40 voire 1,38 $ par extension serait à redouter. Un prochain point de marché détaillera la situation de l'euro-dollar plus largement.
Gilles Caye |