19/07/2010 - Regain de stress avec les banques
Après le gain hebdomadaire de 6,16 % enregistré par le CAC40 la semaine du 5 au 9 juillet, soit le meilleur score depuis un an, la bourse de Paris a corrigé de 1,53 % la semaine passée. Le score hebdomadaire aurait pu être stable comme à Wall Street (Dow Jones : + 0,13 %) mais la baisse des valeurs bancaires a lourdement pesé en fin de semaine infligeant une perte de 2,28 % au CAC40 et de – 2,52 % à la bourse de New York, reléguant du même coup un peu au second plan l'événement de la semaine passée, à savoir les toutes premières publications de résultats trimestriels aux USA, lesquelles ont d'ailleurs été également entachées par des statistiques américaines décevantes.
. Très bons résultats trimestriels aux USA - Comme à l'accoutumée, Alcoa, le N°1 mondial de l'aluminium a donné le coup d'envoi de la saison des publications de résultats trimestriels. La mouture pour le 2nd trimestre est particulièrement bonne puisque les chiffres divulgués ont largement dépassé les attentes des analystes financiers. Le Chiffre d'affaires a progressé de 22 % et le résultat net repasse positif à 136 millions de dollars (sur le semestre, les comptes restent toutefois dans le rouge de 65 milliards)
Intel, de son côté affiche les meilleurs chiffres depuis sa création il y a 42 ans avec une progression de 24 % de l'activité sur un an et un résultat net trimestriel record de 2,9 milliards de dollars.
La banque JPMorgan Chase & Co a indiqué quant à elle avoir augmenté son résultat de 76 % à 4,8 milliards $.
La confiance du consommateur US décroche – Dès jeudi 15 juillet, ces bonnes publications ont été douchées par la confirmation de la faiblesse de l'indice d'activité de la région de Philadelphie (dénommé « Philly Fed ») qui flanche à 5,1 et dont la composante des anticipations dégringole de plus de 15 points à 25 (contre plus du double en mars)
Autre confirmation et tracas pour les opérateurs, le chiffre préliminaire publié par l'Université du Michigan / Reuters concernant le sentiment du consommateur en juillet plonge à 66,5 après 76 et contre 74,5 anticipé.
→ Alors que Obama va promulgué la semaine prochaine la principale réforme de régulation financière depuis les années 30 validée la semaine passée par le Congrès, les prises de bénéfices sur les valeurs bancaires ont été assez lourdes en France comme aux USA où Bank of America (-9,16 %) et Citigroup (- 6,25 %) ont déçu le marché.
Le marché a rendez vous semaine prochaine, le 23 juillet, avec la publication du résultat des « stress tests » sur les banques européennes à l'image de ce qui avait été fait l'an passé aux USA pour dresser la résistance des banques à un certain nombre de scénario de dégradation économique et financière.
Pour l'heure et malgré une forte baisse de 5,71 % de l'indice du secteur aux USA (ci-dessous), la configuration graphique reste favorable a une poursuite de la progression entamée début juillet tant que les cours évoluent au-dessus du canal baissier antérieur.

Pour le CAC 40 plus précisément, la situation graphique s'est un peu dégradée à la suite du retour des vendeurs sur l'oblique baissière (bleu) mise en avant semaine dernière à partir des plus hauts d'avril dernier.

Malgré l'enfoncement du support ascendant (en bleu, tiret fin avec pointillés), le biais de court terme reste haussier, l'enfoncement actuel étant lié au comblement du gap entre 3504 et 3483 points du 8 juillet qui laisse la place à une fausse sortie éventuelle jusque sur ce dernier seuil. Dessous par contre, la probabilité d'un retour sur les plus bas vers 3 300 points s'élèverait notablement.
Outre la question bancaire décrite plus haut, on continuera à suivre cette semaine, les publications de résultats comme celle d'IBM dès lundi (les chiffresd'affaires d'Alstom et Accor mardi) et l'indice IFO du climat des affaires en Allemagne vendredi à 10 heures.
Aux USA, l'immobilier est le principal rendez vous sur le plan statistique avec mardi à 14H30, la publication des chiffres des permis de construire et des mises en chantier pour juin attendus en légère baisse et jeudi les ventes de logements anciens pour lesquelles un tassement est également anticipé.
Symptomatique du ralentissement de la croissance actuelle, l'indice des indicateurs avancés américains est attendu en baisse de 0,4 % jeudi à 16H00.
Gilles Caye |