16/08/2010 -
Le doute s'immisce sur les marchés
Le CAC 40 a perdu 2,82 % la semaine dernière et même 4,41 % entre la clôture de lundi qui a marqué un plus haut depuis le 3 mai dernier et celle de vendredi.
Mis à part la publication lundi des chiffres du commerce extérieur allemand très solide au mois de juin et la progression des premiers résultats du PIB de la zone euro et de l'Allemagne à 2,2 % au 2nd trimestre contre 1,3 anticipé, soit le rythme de progression le plus important depuis plus de 20 ans Outre-Rhin qui ont brièvement soutenu la cote en tout début et toute fin de semaine, les nouvelles particulièrement en provenance des USA ont signé un retournement de court terme sur les indices actions.
. 1 % de croissance dans la zone euro au 2nd trimestre 2010 - Comme les indicateurs avancés le laissaient entendre depuis des mois, la croissance européenne a largement été tirée par l'Allemagne compte tenu de son importance et de sa capacité à tirer profit via son secteur exportateur de la croissance mondiale.

Source : Eurostat
Ceci confirme la relative résistance européenne par rapport aux USA notamment après la crise qu'a traversée la zone euro au printemps, mais les marchés étaient surtout tendus dans l'attente de la décision de la Fed concernant sa politique monétaire après la déconvenue enregistrée sur l'emploi en juillet divulguée la semaine précédente.
→ La banque centrale américaine maintient ses taux directeurs dans une fourchette entre 0 et 0,25 % comme depuis décembre 2008 mais prolonge ses mesures non-conventionnelles de soutien mises en place au cœur de la crise financière pour soutenir l'activité.
Sur un plan pratique, sans augmenter son bilan et la création monétaire, elle procédera à partir du 17 août à des rachats d'obligations du Trésor d'une maturité comprise entre 2 et 10 ans à partir des sommes perçues lors des remboursements des obligations hypothécaires ou adossées à des crédits immobiliers rachetées ces derniers mois pour soulager le secteur bancaire.
Ainsi, elle contribuera à abaisser le loyer de l'argent de manière générale pour tenter de soutenir la croissance, les taux des obligations du trésor étant la base de référence d'un grand nombre de prêts pour les différents agents économiques (ménages ou entreprises)
La principale incidence concrète immédiate aura été toutefois une rupture à la hausse de l'indice VIX que nous invitions à suivre au tout début du mois et donc de l'élévation d'un cran de la peur sur les marchés de manière générale qui a infligé en milieu de semaine une perte de 2,74 % à l'indice CAC 40.

Une fin de semaine en demi-teinte qui accroît encore l'incertitude :
. La progression de 0,3 % de l'indice des prix à la consommation aux USA en juillet a quelque peu calmé les inquiétudes sur les pressions déflationnistes en cours mais sur le fond, l'indice central, c'est à dire hors éléments volatils comme l'alimentation et l'énergie, évolue toujours à 0,9 % en rythme annuel pour le 4ème mois consécutif au plus bas depuis les années 60.
. Les ventes au détail ont également un peu rassuré les opérateurs grâce à une progression de 0,4 % le mois dernier, très légèrement sous les attentes mais cela constitue le meilleur chiffre depuis avril.
. enfin, le sentiment du consommateur selon l'Université du Michigan / Reuters a progressé de 1,80 points à 69,6 mais le marché attendait un peu mieux à 70.
Ces données mitigées créent le doute sur la croissance alors que les acheteurs sont tenus en échec sur l'importance résistance long terme (bleu en gras) et la moyenne mobile à 200 jours (noir) concernant le CAC 40 ci-dessous.

→ La tendance est neutre à court et moyen terme. On privilégiera les prises de positions très courtes entre le gap signalé ci-dessus qui marque le passage obligé pour une poursuite de la hausse et 3500 points dans l'attente d'un signal clair à plus long terme que ne délivre toujours pas l'analyse graphique en l'état.
Les opérateurs inquiets sur la croissance regarderont avec attention lundi si la progression attendue de l'indice d'activité de la région de New York (Indice dit « Empire State Index ») se réalise comme jeudi pour celui de la région de Philadelphie (indice dit « Philly Fed ») sans compter bien sûr l'indice des indicateurs avancés sur le plan national à paraître en même temps jeudi à 16H00 et attendu en progression de 0,2 % en juillet contre – 0,2 % en juin.
On suivra également mardi les chiffres de l'immobilier américain (permis de construire et mises en chantier) tout comme la production industrielle anticipée à + 0,6 % après seulement 0,1 % en juin.
Gilles Caye |