15/03/2010 - Dans l'expectative avec les marchés américains
Les marchés actions sont entrés dans une phase de temporisation la semaine dernière. Le CAC 40 grappille 0,43 % et le Dow Jones 0,40 %. Sur le fond, les indicateurs pourtant peu nombreux ont semé le trouble chez les opérateurs mais, comme attendu, après la bourrasque subie par l'Europe, tout le monde se recadre progressivement sur Wall Street. Ce tout début de semaine est à surveiller dans un contexte de réunion de la Fed et de l'Ecofin.
. Des indicateurs très contradictoires – Dans une semaine clairsemée en données statistiques, la séance du 12 mars accaparait l'essentiel des publications économiques. La consommation était à l'honneur mais le message délivré est resté très flou :
- les ventes au détail pour février aux USA ont progressé de 0,3 % contre – 0,2 % attendu mais le chiffre pour janvier a été révisé assez fortement à la baisse passant de 0,5 % à 0,1 % seulement.
- le sentiment du consommateur selon l'Université du Michigan / Reuters au titre de ce mois de mars est au contraire ressorti en baisse à 72,5 contre 74 anticipé et 73,6 le mois dernier.
. Déficit commercial américain en baisse – Les importations ont reflué en janvier contre toute attente de près de 3 milliards de dollars avec une baisse de 11 % de la facture énergétique. Le déficit commercial baisse à 37,3 milliards $ contre 41 anticipé et renvoie à un constat mitigé sur la force de la demande interne au 1er trimestre.
. La production industrielle européenne se redresse – Enfin, en zone euro, la production industrielle est venue remettre en cause la déception enregistrée le mois dernier puisque la chute de 1,7 % sur un mois a été révisée à + 0,6 % et le chiffre pour janvier est ressorti à son plus haut depuis le début de ce suivi statistique à + 1,7 % contre 0,7 % anticipé.

Comme le montre l'illustration ci-dessus, la phase de rattrapage des marchés européens, notamment à la bourse de Madrid, une des plus touchées par la purge (en bleu), s'est estompée et l'ensemble des principales places financières occidentales ont évolué au diapason de la bourse de New York, retrouvant là leur cours un peu plus habituel.
10 600 points, c'est là où s'est arrêté Wall Street et là où passe une très importante résistance baissière née lors des plus hauts de 2007 qui coiffe les cours comme nous l'avons vu la semaine passé au travers de notre panorama historique du Dow Jones depuis 2003.
Sans grande initiative de la part des opérateurs semaine dernière, la configuration sur le Dow Jones appelle maintenant une attention de plus en plus précise. La tendance haussière est toujours présente mais elle s'inscrit au sein d'un biseau ascendant, signe d'épuisement potentiel.
En cas de franchissement haussier, l'objectif graphique dépasse difficilement les 10 800 compte tenu de la présence d'une autre résistance historique (ligne d'appui horizontale en bleu) où les vendeurs peuvent reprendre la main. Ce mouvement ne constituerait par ailleurs probablement qu'une dernière progression en paroxysme à l'issue de ce rebond.

Pour ré-amorcer une nouvelle phase de hausse, les acheteurs auront donc à s'affranchir de cette zone mais comme le montre le panorama de la semaine dernière, le champ à la hausse reste là aussi assez rapidement limité par d'autres obstacles graphiques aux alentours de 11 000 points.
L'objectif reste néanmoins pour l'heure constitué par un retour sur les plus hauts de janvier, scénario qui serait invalidé en cas de rupture du support ascendant, lequel ouvrirait alors la voie vers 10 400.
Concernant le CAC 40, les seuils étudiés restent inchangés, la bourse de Paris est restée prisonnière de la zone de l'ancien gap du 6 octobre 2008 au sein de son canal haussier.
→ 16 Mars – Il s'agit de la séance à suivre cette semaine au cours de laquelle, l'indice ZEW du sentiment des analystes et investisseurs institutionnels allemands sera publié avec un chiffre attendu en baisse pour le 6ème mois à 43.
Ce même jour, la Fed fera état de l'orientation de sa politique monétaire et le Conseil des affaires économiques et financières de l'Union Européenne (Ecofin) se réunira et prendra connaissance des éléments tangibles présentés par la Grèce concernant ses mesures destinées à réduire son déficit budgétaire.

Les taux grecs (ci-dessus) en phase de repli dans un triangle descendant présentent une configuration dont l'issue peut influer sur la direction des marchés européens dans le sillage de cette réunion.
Sont à suivre également les chiffres des permis de construire et des mises en chantier en février aux USA attendus en baisse.
Lundi, on suivra la production industrielle américaine attendue stable le mois dernier après une progression de 0,9 % en janvier et les indicateurs avancés jeudi anticipé en légère progression de 0,1 %.
|