14/12/2009 - Marchés actions bloqués, euro attaqué
La bourse de Paris conforte au 11 décembre sa progression de la semaine précédente en ne concédant que 0,95 % sur son indice phare, le CAC40. Inquiétudes sur les risques souverains, déception en Allemagne et une dernière séance très attendue étaient au programme dont l'issue n'a toujours pas délivré de signal clair. La configuration d'ensemble très incertaine étudiée semaine dernière avec un panorama large mérite désormais un approfondissement.
. Risques souverains : après Dubaï, c'est au tour de la Grèce d'agiter un peu les marchés financiers. L'agence de notation internationale Moody's a en effet dégradé mardi dernier la note de crédit du pays de A- à BBB+ assortie d'une perspective négative qui ouvre sur de possibles nouvelles dégradations à l'avenir à défaut d'une reprise en main drastique des finances publiques dont le déficit budgétaire s'élèvera à plus de 12 % du PIB en 2009.
Dès le lendemain, l'Espagne était placée sous surveillance négative par l'agence Standard & Poor's alors que sa note avait déjà été dégradée en janvier dernier de AAA à AA+. Le Portugal a également connu le même sort.
→ L'ensemble de la semaine a été baignée dans cette atmosphère, où les grandes nations ont aussi été citées notamment par Moody's qui dresse plusieurs catégories de pays concernant la note suprême AAA.
L'Allemagne a été confirmée au sein de la meilleure c'est à dire parmi les pays dits « résistants » au côté de la France ou du Canada, alors que les USA et le Royaume-Uni glissent parmi les pays dits « résilients ». L'agence a d'ailleurs présenté des simulations ouvrant sur une possible dégradation des USA à l'horizon 2013, chose impensable il y a encore 18 mois de cela. Avant cette éventuelle perte de la note AAA, il y aurait tout d'abord un 1er glissement à opérer en direction de la 3ème catégorie, c'est à dire celle des pays dits « vulnérables » suivant la terminologie de l'agence.
. Production allemande en berne en octobre : si la dégradation des risques souverains n'est pas une surprise en soi, celle de la production industrielle allemande a infligé une secousse mardi aux marchés actions. Sa régression de 1,8 % sur un mois en octobre après une baisse de 2,1 % des entrées de commandes à l'industrie parue la veille a pris un peu les opérateurs à revers car ces chiffres 'en dur' vont à l'encontre des indicateurs avancés, comme l'indice IFO du climat des affaires ou les indices d'activité du secteur des services ou manufacturier de la 1ère économie européenne jusqu'ici plutôt bien orientés.
. Nouveau rebond des ventes aux détail aux États-Unis : les regards étaient surtout tournés semaine dernière sur cette parution en pleine période d'achat de fêtes de fin d'année. Ces dernières progressent de 1,3 % en novembre après 1,1 % en octobre, soit le double des anticipations, ce qui permet d'atteindre dorénavant une progression annuelle de 2,2 %.
Plus positif également, le sentiment du consommateur dans sa donnée préliminaire tel que calculé par l'Université du Michigan/Reuters réussit une progression au-delà des attentes à 73,4 en ce mois de décembre contre 67,4 antérieurement.
→ Principal touché, l'euro qui avait déjà montré quelques signes de faiblesse le 4 décembre en raison de la baisse du taux de chômage américain, alors qu'il cotait 1,5061 $, a encaissé une nouvelle secousse à l'occasion de la parution du chiffre de la production industrielle allemande et de la situation financière grecque qui touche par ricochets l'ensemble de la zone euro. La devise européenne a enfin subi par comparaison la relative vigueur des ventes au détail et du sentiment du consommateur américain ramenant la parité contre dollar à 1,4615$.
• Ces nouvelles macro-économiques n'ont cependant pas permis de débloquer la situation sur le CAC 40 où acheteurs et vendeurs restent toujours coincés dans une configuration graphique très indécise qu'il convient d'étudier plus avant en zoomant sur les toutes dernières évolutions en données journalières (le panorama sur 15 mois est disponible dans le point de marché de la semaine dernière en données hebdomadaires)

La tendance neutre s'exprime clairement à court terme via les moyennes mobiles à 20 (gris clair) et 50 jours (gris) qui évoluent à l'horizontale et la formation en cours d'une structure graphique sous forme de diamant (rose) signe d'indécision et de potentiel retournement. La figure ne sera toutefois validée qu'à partir de la rupture de son support ascendant vers 3 700 points ouvrant la perspective d'un retour sur le gap (zone de cours non traitée) entre 3 607,86 et 3 611,97 dans un premier temps.
Nous n'en sommes pas là, l'indécision règne en maître mais le biais reste haussier à moyen terme soutenu par la moyenne mobile à 100 jours (noir) toujours nettement orientée à la hausse.
Comme vendredi 4 décembre pourtant aidé d'une meilleure statistique sur le chômage, les ventes au détail publiée en toute fin de semaine n'auront pas réussi à insuffler un nouveau courant acheteur. Au contraire, les vendeurs ont repris un peu la main sur la résistance descendante du diamant repoussant les cours sur 3 803,72 points et un score à l'équilibre de + 0,14 %.
L'analyse graphique ne délivre donc toujours pas de signal clair à ce stade. A la hausse la sortie du diamant mettrait en ligne de mire le gap situé entre 3 911,49 et 3 934,03 points.
Cette semaine sera assez chargée en statistiques économiques, concentrées de mardi à jeudi, principalement mercredi puisque les permis de construire aux USA permettront de faire le point sur la situation de l'immobilier US à 14H30 et la banque centrale américaine fera part de sa décision sur les taux après bourse à 20H15.
Un déclencheur purement graphique dès ce lundi ou vendredi 18 où l'agenda des marchés est pratiquement vierge (sauf côté européen) est pourtant à considérer car les opérateurs sont avant tout actuellement dans l'expectative d'un basculement de la psychologie du marché après cette longue consolidation
Gilles CAYE |