14/06/2010 - CAC 40 : un peu de répit
La semaine passée était placée une nouvelle fois sous haute surveillance à la suite de la déception observée sur le front des créations d'emplois Outre-Atlantique et compte tenu
de l'approche de nombreux seuils de panique sur beaucoup d'indices actions comme sur le marché des changes.
Les plus bas de mai ont été revisités mais les supports ont tenu bon permettant au CAC 40 de reprendre 2,89 % sur la semaine à 3 555,52 points. Le marché a reçu une bouffée d'air frais mais la situation reste précaire.
. Premiers doutes sur la note de crédit du Royaume-Uni – Le début de semaine est resté très tendu avec à l'arrière-plan la fin du séminaire gouvernemental allemand qui a débouché sur un plan d'économies budgétaires à hauteur de 84 milliards d'euros d'ici 2014.
Conjointement, le nouveau gouvernement anglais a eu à faire face à la publication d'un rapport spécial de l'agence de notation internationale Fitch intitulé «Le défi fiscal britannique – Une tâche gigantesque »
Le rating du Royaume-Uni qui reste à 'AAA' assorti d'une perspective 'stable' subit une pression qui a surtout affecté la livre sterling mardi sans conséquence sur les autres parités sur le marché des changes qui se sont stabilisées.
. La Chine et l'Agence Internationale de l'Énergie calment les craintes concernant la croissance mondiale – Le bond de 48,5 % des exportations chinoises au mois de mai qui permet à l'excédent commercial de dépasser légèrement les 16 milliards d'euros contre 1,4 le mois précédent a rassuré les investisseurs sur la croissance économique et l'appétit des pays européens en proie à une crise des risques souverains depuis des semaines.
Parallèlement, l'Agence Internationale de l'Énergie a revu à la hausse à 86,4 millions de barils par jour la demande mondiale de pétrole pour 2010, soit une hausse de 2 % provenant très largement des pays émergents, dont la Chine.
→ Tout comme lors de la séance du 27 mai dernier, lorsque la Chine avait démenti officiellement faire évoluer ses réserves de change en défaveur de l'euro, la nouvelle a permis d'engager un sursaut de 2,03 % sur le CAC 40 jeudi et de 2,76 % pour le Dow Jones.

Sur le plan graphique, en dépit d'un gain hebdomadaire de près de 3 %, les évolutions sont assez peu significatives puisque le CAC 40 évolue toujours à l'horizontale dans une tendance court terme neutre au sein d'un trading range -ou couloir de transactions- entre 3300 et 3600 points.
Plus précisément, l'évolution valide donc pleinement le support à 3348-3374, zone du gap du 26 mai désormais comblé et la résistance à 3 576 points dont les cours devront s'affranchir (précisément entre 3576 et 3598) pour avoir en ligne de mire la cible de la moyenne mobile à 50 jours (gris foncé) puis celle à long terme (noir) et la résistance long terme (bleu)
Le MACD reste bien orienté et se rapproche de sa zone positive comme le momentum qui a gommé le signal baissier de très court baissier de la semaine dernière, ce qui confirme les observations de ces dernières semaines : tant que les cours n'ont pas envoyé un signal franc, en dehors de cette zone, les prises de positions à très court terme sont à privilégier.
En cas de retour sous 3348 points, la vigilance reste évidemment de mise.
* Pour la 1ère fois depuis la mi-avril, le CAC40 réussit à clore 2 séances au-delà de sa moyenne mobile à 20 jours et l'IBEX35 à la bourse de Madrid s'extirpe à la hausse de sa zone de danger avec un gain hebdomadaire de plus de 10 % par rapport à ses plus bas et une amélioration assez sensible de la situation graphique, qui était périlleuse jusqu'ici.
Ces 2 améliorations ne doivent toutefois pas faire oublier le contexte général qui reste tendu sur les taux grecs et espagnols par exemple et une situation générale des marchés notamment sur les changes et l'euro-yen qui n'ont pas subi d'amélioration fondamentale si ce n'est de se donner un peu d'air. On notera ainsi à titre de fragilité non seulement récurrente mais en augmentation, le comportement des banques européennes très fébriles et réticentes à prêter et à se prêter entre elles eu égard à l'importance des sommes déposées par celles-ci auprès de la BCE (courbe ci-dessous)

→ Principaux rendez-vous pour la semaine à venir :
Dès ce lundi, les regards seront tournés à 11 heures sur le chiffre de la production industrielle en zone euro pour le mois d'avril et sur le dîner entre A.Merkel et N.Sarkozy qui a été repoussé d'une semaine dont l'agenda est centré sur la gouvernance économique européenne et la manière de gérer les budgets européens de manière concertée. Aucun indicateur US n'est au programme lundi et vendredi.
Mardi, l'indice ZEW de confiance des investisseurs allemands est attendu en hausse de 2,2 points à 48 avec une incidence à suivre sur l'euro.
Le chiffre de la production industrielle des USA en mai est attendu quant à lui en hausse de 0,8 % mercredi à 15H15 agrémenté des indicateurs manufacturiers avancés de la région de NY la veille à 14H30 et de celui de la région de Philadelphie jeudi à 16H00.
Concernant l'immobilier US, sont à suivre mercredi à 14H30 les chiffres des permis de construire.
Enfin, jeudi une baisse de 0,2% est attendue pour mai en ce qui concerne l'indice des prix à la consommation américain (CPI) après une baisse de 0,1 % le mois précédent.
Gilles Caye |