08/03/2010 - La bourse de Paris bénéficie d'un fort rebond
La question se posait semaine dernière, titre de notre dernier point de marché hebdomadaire : « Le mois de mars sera-t-il décisif ? ». Cette première semaine a délivré des premiers éléments de réponse pour le moins tranchés après plusieurs soubresauts dans une tendance devenue incertaine. Le CAC 40 regagne en effet 5,44 % dans un environnement où l'euro est resté stable contre le dollar alors que Wall Street ne prend que 2,05 %. C'est pourtant vers la bourse de New York que l'attention se portera plutôt cette semaine.
→ Mais avant d'aborder ce point, revoyons les principaux évènements de la semaine passée :
. L'embellie sur les places européennes a surtout été la conséquence de la détente des taux grecs sur lesquels l'attention se focalise depuis plusieurs semaines. Le principal mouvement a ainsi surtout été constaté parmi les bourses des pays membres de la zone euro qui ont regagné une bonne partie du terrain perdu comme Madrid ou Athènes qui grimpe de 8,83 % sur la semaine.
. Chassé-croisé des indicateurs d'activité de part et d'autre de l'Atlantique -
L'indice ISM du secteur manufacturier a vu sa croissance ralentir en février à 56,5 après 58,4 en janvier. A l'inverse, dans la zone euro, l'indice PMI pointe sur une accélération de l'activité du secteur à 54,2 contre 52,4 en janvier.
L'activité du secteur des services s'est au contraire tassée le mois dernier suivant l'indice PMI de la zone euro qui reflue de 52,5 à 51,8 et perd 1,7 points à 54,6 en France. Aux USA par contre, l'indice ISM des services est ressorti plus fort qu'attendu à 53 contre 50,5 en janvier, la composante de l'emploi se rapprochant même de la zone de croissance (c-a-d > 50) à 48,6.
. Faiblesse de l'immobilier américain – La seule véritable ombre au tableau des parutions concerne à nouveau l'immobilier américain avec un indice PHSI des promesses de ventes en janvier qui plonge de 7,6 % en un mois à 90,4 contre une anticipation de hausse de 1 %.
. Le chômage reste stable – Alors que le marché redoutait une progression du taux de chômage US, celui-ci est ressorti à 9,7 % comme en janvier assorti de destructions d'emplois limitées à 36 000 dans un contexte très difficile de tempêtes de neige sur la Cote Est. L'enquête ADP sur l'emploi privé (qui ne comprend donc pas les fonctionnaires comme le chiffre officiel cité ci-dessus) a par ailleurs été en ligne avec les attentes à – 20 000 destructions le mois dernier.
→ Tant que les cours évoluaient dans le cadre du triangle en place sur le CAC 40 ci-dessous, les prises de positions courtes étaient recommandées dans l'attente d'un signal clair. En sortant de cette zone, un signal haussier aura donc été envoyé franchement (flèche verte) comme attendu conforté vendredi par une ré-intégration du canal ascendant (pointillés) qui a permis à la bourse de Paris de s'octroyer une hausse de 2,14 % sur cette seule séance alors que les vendeurs à découvert étaient obligés de se racheter à la hâte pour couper leurs pertes.

Les indicateurs sous la courbe confirment également avec un passage en zone positive pour le Momentum et la MACD, signes d'une tendance plutôt 'saine' sur ces bases. L'invalidation du scénario haussier se situe à nouveau bien sûr au niveau du support du canal avec une fausse sortie possible sur la moyenne mobile à 50 jours (gris foncé) et une résistance pour les prochaines séances sur l'ancien gap d'octobre 2008 (lignes d'appui horizontales grises)

→ Mais les regards seront surtout tournés sur un plan graphique vers l'indice Dow Jones ci-dessus que nous avions étudié lors du point de marché du 15 février dernier qui reste coiffé par une très importante résistance oblique baissière (rose) aux alentours de 10 600 points associée à la résistance sur 10 800 points qui a initié cette phase de baisse et dont le franchissement n'offrirait toujours qu'un objectif assez limité vers 11 000 points (moyenne mobile en noir) Nous ré-explorerons plus en détail l'indice américain dans un prochain point de marché.
Cette semaine sera relativement limitée en parutions statistiques générales sur le plan économique. L'essentiel est à suivre vendredi à 14H30 avec les ventes au détail aux USA pour février attendues en progresse de 0,2 % après 0,5 % et le sentiment du consommateur pour mars selon l'Université du Michigan à 15H55 anticipé à 73,8 contre 73,6 en février.
Sont à suivre également mercredi après la clôture à Paris le chiffre du déficit budgétaire américain pour février attendu à 210 milliards $ contre 42,6 en janvier. Le déficit commercial pour janvier paraîtra le lendemain à 14H30 attendu à 41 milliards $ après 40 en décembre.
→ Finances publiques – L'actualité des marchés restera toujours néanmoins accaparée par la question de l'endettement malgré l'accalmie récente alors que les USA annoncent avoir revu à la hausse leur endettement d'ici 2020 à près de 10 000 milliards $.
En Europe, la question du 'non' au référendum sur le remboursement islandais au Royaume-Uni et aux Pays-Bas de la banque Icesave, tout autant que le plan d'austérité portugais et la question grecque restent ouvertes après les visites du Premier Ministre grec en Allemagne et en France ce week-end qui se poursuivront mardi à la Maison Blanche.
Gilles CAYE. |