08/02/2010 -La dégradation des finances publiques pèse sur les indices actions européens
La première semaine de février a été littéralement coupée en 2 sur les marchés. Les 3 premières séances ont été dominées comme attendu par une actualité statistique très chargée, par contre les séances de jeudi 4 et vendredi 5 se sont révélées être le théâtre des angoisses des investisseurs vis à vis de la dégradation des comptes publics des États, tout particulièrement en Europe, et encore plus au sein même de la zone euro.
. Activité manufacturière en hausse. L'indice ISM américain pour le secteur industriel a largement dépassé les attentes pour janvier avec un chiffre qui ressort à 58,4 après 57,9 au mois de décembre. Au niveau mondial, l'indicateur JPMorgan GM PMI s'élève à 56,1 contre 54,6 le mois précédent, agrémenté d'un sous-indice de l'emploi qui repasse en zone d'expansion (soit au-dessus de 50) à 50,4 contre 49,7 en décembre. Fébriles avant cette annonce, cette orientation satisfaisante a permis au CAC 40 de préserver son trend haussier dès lundi.
. Déconvenue concernant l'activité dans le secteur des services. Le sursaut des marchés actions a néanmoins été quelque peu douché en milieu de semaine en raison de la publication de l'indicateur ISM d'activité du secteur tertiaire Outre-Atlantique qui est ressorti en progression à 50,5 après 49,8 en décembre mais sous les attentes situées à 51. La progression en Europe se poursuit dans les services mais à un moindre rythme selon les indices PMI allemands, anglais et français.

Les risques souverains entaillent les principales places européennes. Perturbés par Dubaï fin 2009, en proie à la question du déficit et de l'endettement public grec, les inquiétudes ont gagné jeudi la péninsule ibérique chez les opérateurs avec une élévation des taux longs au Portugal et en Espagne qui torpille l'IBEX35 de – 7,71 % sur la semaine.
→ Parallèlement, le coût des primes des CDS (Credit Default Swap), soit les couvertures pour se prémunir contre les défaillances sur les obligations souveraines des 7 grands pays de l'OCDE (USA, Japon, Allemagne, UK, France, Italie & Espagne) qui composent l'indice GRI ci-dessus s'est envolé se rapprochant des niveaux atteints au plus fort de la crise financière au printemps dernier (Source: CDR)
Le CAC 40 -ci-dessous- perd 4,7% sur la semaine avec une statistique sur l'emploi américain, habituellement très importante qui sera passée un peu au second plan compte tenu de ce contexte. Elle délivre d'ailleurs un chiffre mitigé avec 20 000 destructions d'emplois en janvier alors que le consensus des économistes attendait 15 000 créations.

Suite à des opérateurs ayant couper leurs positions acheteuses en sortie de canal, les cours retrouvent leur moyenne mobile journalière de long terme à 200 jours (noir) qui constitue le support majeur entre le gap baissier de vendredi à 3 685,57/3 673,71 et celui situé entre 3 467,64 et 3 477,19 points remontant au 20 août 2009. Le rebond du Dow Jones dans la dernière heure de cotation vendredi et qui a permis de préserver le seuil très symbolique des 10 000 points à la clôture constitue un facteur de soutien à l'ouverture lundi matin.

Concernant l'euro-dollar ci-dessus, une parité chavirée par les divergences significatives entre les taux des pays membre de la zone euro depuis près d'un mois, la rupture du trading range aura bien renvoyé les cours sur l'objectif par extension à 1,38 $ sur un support déterminant (rose en gras) dont la rupture renverrait les cours contre le support ascendant long terme (bleu)
→ Cette nouvelle semaine est abordée dans un climat de craintes de voir les finances publiques d'autres pays être prises pour cible par les marchés.
La donnée des taux et de l'appréciation de la solvabilité des États reste donc l'élément clef dans un contexte où le sentiment de marché s'est inversé nettement et peut s'alimenter très rapidement de nouveaux doutes à ce sujet. Le VIX reste donc à surveiller de près en complément.
L'agenda des marchés est par contre très nettement moins fourni que la semaine passée. Sont à suivre principalement :
. La balance commerciale et le déficit budgétaire US mercredi
. Les ventes au détail pour janvier attendu en hausse de 0,4 % après un repli de 0,3 %, vendredi à 13 heures 30,
. sans oublier vendredi à 15H55, le sentiment du consommateur escompté à 74,8 en ce début de semaine
En Europe, on suivra jeudi le sommet extraordinaire de l'Union Européenne qui se tiendra dans un contexte de défiance vis à vis de certains pays de la zone euro.
Gilles CAYE |