07/06/2010 - Après l'emploi US, attention aux turbulences sur le marché des changes
Le CAC40 aura clôturé le mois dernier sur une baisse d'un peu plus de 8 %, soit le pire mois de mai depuis 1987, date de création de l'indice phare français. A la suite d'une dernière séance vendredi à nouveau défavorable, l'indice reperd 1,69 % à 3445,61 points et reste donc cloisonné dans sa zone critique sur fond de turbulences sur le marché des changes.
La semaine passée a apporté plusieurs éléments permettant de juger un peu mieux de la croissance économique mondiale :
→ le rythme de croissance du secteur manufacturier chinois s'est ralenti en mai comme en zone euro où l'indice PMI du secteur se replie à 55,8 sous le coup du fort repli de l'indice allemand à 58,4 contre 61,6 en avril. Impacté par ces données, la tendance s'est néanmoins redressée mardi grâce à la publication du chiffre américain supérieur aux attentes à 59,7 mais inférieur aux 60,4 atteint en avril.
Concernant le secteur des services, la croissance s'est accélérée en zone euro à 56,2 grâce à la France dont l'indice culmine à 61,4.
Aux USA, le rythme de croissance reste stable à 55,4 par rapport au mois précédent, un chiffre sous les 55,6 attendu qui a bridé la progression des indices actions.
Globalement, l'indice Composite (secteur manufacturier + services) cède du terrain à 56,4 en zone euro et perd un peu d'altitude au plan mondial selon la courbe ci-dessous (Rappel : un chiffre des indices PMI ou ISM supérieur à 50 signale une croissance alors qu'un chiffre inférieur à ce chiffre indique une contraction de l'activité. Il s'agit d'indicateurs avancés sur le PIB ou 'GDP' en anglais en gris, échelle de droite ci-dessous)

→ Si les chiffres sur l'activité bien qu'en léger tassement restent satisfaisants, les créations d'emplois aux USA en mai publiées à 431 000 contre 500 000 anticipé en moyenne par le consensus des économistes a particulièrement déçu d'autant plus qu'il intègre 390 000 postes créés temporairement par le gouvernement pour les besoins du recensement de la population. Les créations réelles du secteur privé (en bleu sur l'illustration ci-dessous) sont en forte réduction à 41 000 contre 190 000 attendu et 218 000 en avril. Globalement près d'un emploi sur 2 sur le million créé depuis début 2010 sont en fait des emplois gouvernementaux.

Le Dow Jones retombe lourdement sur 9931 en baisse de 3,15 % et non loin de son support à 9 800 points alors que le CAC40 lâche 2,86 % sur la seule séance de vendredi dans une configuration qui reste identique à celle détaillé la semaine dernière.

Les acheteurs n'ont pas réussi à pousser leur avantage durablement au-delà de la résistance à 3576 et le retour sur le gap entre 3374 et 3348 est le prochain support à surveiller en-dessous duquel des dégagements importants sont susceptibles d'intervenir.
En complément, la tendance neutre actuelle conserve un biais légèrement haussier selon la MACD (vert) qui évolue toujours au-dessus de sa ligne de signal (rouge) Néanmoins, le Momentum qui était passé en zone négative lors du décrochage sous 3900 se retourne plus violemment.
Hors prises de positions à très court terme dans un contexte de volatilité à la hausse, l'analyse graphique ne donne donc toujours pas de signal clair à plus long terme tant que les résistances et supports ne sont pas brisés franchement. Pour une vue plus large du CAC40, vous pouvez vous référer au point de marché du 17 mai.
→ l'euro reste malmené à moins de 1,20 $ et retombe sous 110 yens ce qui replace les marchés financiers, tant sur le Dow Jones, la bourse de Madrid et surtout sur l'euro-yen sur des niveaux proches des seuils de panique détaillés il y a 15 jours. Une première brèche s'est d'ailleurs ouverte sur l'euro-franc suisse (graphique ci-dessous) qui place le marché des changes sous haute tension pour la semaine qui s'ouvre.

Gilles Caye |