05/07/2010 - La croissance économique mondiale entre en phase de ralentissement
La bourse de Paris chute de 4,9 % à la suite d'une semaine où les nouvelles macro-économiques avivent les craintes concernant la qualité de la croissance mondiale.
Le marché s'est recalé et réagit plus nettement qu'à la fin du printemps sur les indicateurs économiques notamment chinois, la Chine étant à la pointe de la croissance économique.
Aux USA, outre un marché de l'immobilier qui évolue toujours en zone sinistrée avec la chute de 30 % des promesses de ventes en mai à leur plus bas record, le rythme actuel de la croissance ne permet toujours pas de créer significativement des emplois.
Fortes révisions du Conference Board – L'institut de conjoncture a revu drastiquement à la baisse son indice des indicateurs avancés concernant l'économie chinoise à 0,3 % pour avril contre 1,7 % initialement.
Aux USA, l'indice de confiance du consommateur du Conference Board est tombé à 52,9 après 62,7 et sous les 62 escomptés. Les anticipations des ménages perdent 13,4 points à 71,2 et leur appréciation du marché de l'emploi se dégrade légèrement à nouveau à – 40,5.
Décélération de la croissance de l'industrie manufacturière au niveau mondial – Le revers mardi de la bourse de Paris suite à la révision de l'indice chinois s'est poursuivi dès jeudi avec l'inflexion de l'indice d'activité du secteur manufacturier du pays à 52,1 après 53,9 en mai. L'indice HSBC pour la Chine perd quant à lui 2,3 points à 50,4, ce qui le met à un niveau très proche de la stagnation (Les indicateurs chinois étant très récents pour la plupart, l'utilisation de 2 indicateurs est préférable)
En Europe, l'indice PMI pour juin s'effrite à 55,6 après 55,8 le mois précédent. Seule, l'Allemagne connaît un rythme de croissance stable du secteur à 58,4, la meilleure performance en Europe.
→ Aux USA, l'indice d'activité ISM manufacturier se réduit à 56,2 contre 59,7 en mai largement sous les 59 attendus et inflige une inflexion nette à la baisse de l'indice d'activité mondial repris ci-dessous qui rencontre sa plus forte baisse depuis la fin 2008 (mais toujours en zone de croissance)

La production industrielle qui était à la pointe du début de reprise fragile de la croissance ces derniers mois marquent donc le pas quelles que soient les grandes zones économiques de la planète, y compris en Chine.
Le niveau de croissance n'est en tout cas pas encore suffisant pour permettre de créer des emplois, 135 000 destructions de postes ayant été enregistrées en juin aux USA après 433 000 le mois précédent. Après 5 mois à peine de créations d'emplois, la 1ère puissance économique mondiale détruit donc à nouveau des emplois (L'historique est disponible sur la 2nde illustration de la chronique du 7 juin)

En retombant le 25 juin dans le trading range (rose), la poursuite de la hausse était conditionnée par le franchissement de 3576 points, cours de clôture atteint lundi qui aura marqué un échec des acheteurs et qui se sont manifestés uniquement et très timidement sur le support haussier (bleu) vers 3450 points.
En rompant ce dernier support, le CAC40 revient sur la borne basse du trading-range dans une configuration qui apparaît difficile. Tout d'abord, rappelons que sous 3320 points, le nombre et la qualité des supports sont faibles avant le gap du 15 juillet 2009 laissé béant entre 3093 et 3102, objectif qui deviendrait rapidement celui des baissiers dans le cas d'une rupture du support testé à 4 reprises depuis 2 mois.
La position des acheteurs est par ailleurs fragilisée par le gap ouvert jeudi matin entre 3408 et 3403 qui peut faire office de résistance et auquel se rajoute la résistance oblique (bleu)
De la même manière que le CAC40 était confronté il y a 15 jours à une importante zone de résistance de long terme autour de 3800, l'indice français rencontre dorénavant une forte résistance à court-moyen terme entre 3400 et 3550 où les moyennes mobiles à 20 jours (gris clair) et à 50 jours se rejoignent.
→ Pour cette semaine, le nombre et l'importance des publications macro-économiques sont en très net retrait par rapport à la semaine passée. Le marché est susceptible de révéler les premiers éléments sur sa psychologie en ce début de 2nd semestre après la digestion de ces nouvelles.
En Europe, sont à suivre cependant les ventes au détail pour mai et mercredi le chiffre révisé du PIB au 1er trimestre en ce qui concerne la zone euro.
Aux USA, l'attention se portera sur mardi sur l'indice d'activité ISM du secteur des services attendu stable à 55,5 contre 55,4 en mai. Lundi, la bourse de New York est fermée en raison de « l'Independance Day ».
Gilles Caye
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