03/05/2010 - La bourse de Paris flanche suite au début de contagion de la crise grecque
La bourse de Paris a subi de plein fouet semaine dernière l'aggravation de la crise grecque qui a complétement éclipsé les publications de résultats trimestriels des sociétés. L'accalmie observée en fin de semaine avec l'annonce d'une solution imminente dans le déblocage de l'aide de l'Union Européenne et du FMI a cependant été compensée par l'affaiblissement de la cote américaine qui place cette première semaine de mai sous surveillance.
. Début de propagation de la crise grecque – Mardi, l'agence de notation Standard & Poor's a abaissé de 3 crans la note de la Grèce à « BB+ » avec une perspective négative, qui place les obligations du gouvernement grec en catégorie spéculative ('junk bonds' ou 'obligations pourries' par opposition à la catégorie 'investment grade', réputée plus sûre)
Par ailleurs, la note de crédit du Portugal a été rétrogradée de 2 crans à « A- » avec également une perspective négative, suivi le lendemain par l'abaissement de la note de l'Espagne à « AA » assortie d'une perspective négative, qui laisse donc la porte ouverte à de possibles nouvelles dégradations à l'avenir.
Le spread ou différentiel entre le taux des obligations grecques et celui des obligations allemandes à 10 ans a flambé à plus de 10 % en milieu de semaine, les taux à 2 ans s'envolant même à 18 %, soit une configuration qui indique que le marché anticipe un défaut et/ou une restructuration de la dette grecque et qui a semé la panique sur la plupart des bourses européennes, principalement à Athènes, Lisbonne et Madrid mais aussi à Paris en baisse de – 3,82 % le 27 avril.

La bourse de Zurich et le SMI très résistants lors de la première purge début 2010, liée principalement à la zone euro a décroché comme Paris, les banques suisses suivant les banques françaises en terme d'importance des encours sur la Grèce devant les banques allemandes. Seule la bourse de Francfort a résisté.
Face à ce vent de panique, les autorités européennes et le FMI ont accéléré en fin de semaine leurs tractations de manière à prévenir toute contagion plus avant de la crise grecque redonnant un peu de calme aux marchés financiers avec à l'arrière-plan une nouvelle progression du sentiment économique publié par la Commission Européenne qui est ressorti à 100,6 en avril contre 97,9 en mars et au-dessus des attentes.

Plusieurs fois signalée ces dernières semaines, « la présence d'une zone où se croisent d'importants supports entre la clôture de vendredi 16 avril et les 3 900 points doivent inciter à la vigilance sur un éventuel enfoncement de ces niveaux, lieu où un décrochage plus violent pourrait s'alimenter d'acheteurs coupant leurs positions » pour reprendre l'énoncé exact du point de marché d'il y a 15 jours par exemple, les cours ont perdu pied sous leur support (bleu)

La moyenne mobile à 200 jours (MM200 en noir) fait dorénavant office de support tout comme début février mais la position est instable alors que les données préliminaires concernant le PIB US pour le 1er trimestre ont fait état d'une progression de 3,2 % contre 5,6 % au 4ème trimestre 2009, un chiffre légèrement sous les attentes des économistes.
Par ailleurs, le secteur des semi-conducteurs a dévissé de 4,5 % vendredi rompant sa tendance haussière court terme et mettant en balance la bourse de New York.
Entre la MM200 et la résistance long terme (bleu), la configuration est très incertaine. Sous les plus bas de mercredi, les vendeurs pourraient prolonger leur avantage en direction du gap du 1er mars dernier entre 3 724,84 et 3 710,31 points avant 3 633 et 3 550.
→ Cette semaine reste placée sous surveillance avec la crise grecque même si l'octroi d'une enveloppe de prêts de 110 milliards d'euros de la part de l'Union Européenne et du FMI a été annoncé hier soir car différentes validations finales restent à recueillir comme l'approbation officielle du FMI. Les chefs d'État de la zone euro devront également apposer leurs sceaux officiels à Bruxelles vendredi prochain. D'autre part, les taux grecs sont encore très loin d'être normalisés et la réaction des marchés sur le plan d'aide est à surveiller de près.
Aux USA, la semaine sera chargée en publications statistiques macro-économiques avec dès ce lundi l'indicateur ISM d'activité du secteur manufacturier suivi 48 heures plus tard par celui des services.
Vendredi paraîtra le chiffre des créations d'emplois pour avril attendu aux alentours de 200 000 après 162 000 en mars.
Gilles Caye |